REPRENDRE LA MAIN POUR REFONDER LA POLITIQUE 


Nombre de nos concitoyens disent aujourd'hui être dégoûtés de la politique et sans doute surtout des hommes politiques. Ce rejet conduit à une abstention de plus en plus forte, souvent plus de 50%, et, lors des derniers scrutins, à une multiplication des votes blancs ou nuls notifiant ainsi un refus de choix. 


Cette situation est largement induite par une classe politique qui s'est si souvent discréditée par des promesses non tenues, une démagogie confondante, voire des comportements d'ancien régime quand ce n'est pas des pratiques relevant de la pure et simple malhonnêteté ou de l’escroquerie, attitude jugée toujours avec une bienveillance dont n'oserait même pas rêver un "voleur de bicyclette".   

A cela il convient d'ajouter, que depuis des décennies, on retrouve toujours les mêmes personnes aux postes de responsabilité, quelque soient leurs erreurs ou leurs turpitudes, inamovibles quoiqu'il arrive, même s'ils ont totalement perdu le sens de la mesure et du bien commun. 

 

Mais aussi que, toujours les mêmes, cumulent les mandats en étant maires, députés ou sénateurs, conseiller régional ou/ et départemental, ce qui amuse beaucoup nos partenaires en Europe qui pensent, très certainement à juste titre, que l'administration d'une ville par exemple, relève d'une occupation à plein temps si l'on veut le faire avec sérieux. 

 

Mais au delà de cette situation qui discrédite la classe politique et les partis, le fond reste une situation ou l'on ne distingue plus ce qui différencie les hommes politiques et les politiques qu'ils sont censés conduire. 

En effet, le discours largement dominant de l'économie libérale qui préconise économies et diminution draconienne des services publics étant repris tant par ce qu'il est convenu d'appeler la gauche que la droite, il n'y a plus pour le citoyen de véritable choix possible. L'exemple grec est là pour en témoigner. 

 

On aboutit ainsi à une parodie de démocratie et à une primauté de l'économie sur le politique et de la finance sur l'humain. Alors que l'économie n'a jamais été une science exacte mais une construction idéologique qui fonctionne maintenant comme une religion. 

Rappelez vous à titre d'exemple, les mêmes qui nous disaient il y a moins de deux ans que le cours du gaz oil ne redescendrait plus, nous disent aujourd'hui sans broncher qu'il pourrait bien descendre en dessous d'un euro. 


Nous sommes convaincus que cette situation ne peut perdurer sauf à nous conduire à une catastrophe majeure dans de nombreux domaines qu'ils soient sociaux, économiques, environnementaux, et que nous sommes en train de sacrifier l'avenir de nos enfants et petits enfants. 

 

Cette conviction conduit ND à penser qu'il faut refonder la politique en lui redonnant du sens, une perspective et une éthique pour construire une société plus humaine.

Faire de la politique n'est pas suivre les sondages au jour le jour en fonction des événements et des émotions du moment mais avoir une vision de la société que nous voulons partager et laisser à nos enfants, et se donner les moyens collectivement de la promouvoir et de la construire. 

 

Pour ND c'est vouloir une société plus équitable et plus solidaire, plus respectueuse des hommes et de l'environnement, société dans laquelle chacun a sa place sans se sentir rejeté ou ostracisé. 

C'est aussi, dans un monde où l'information est devenue globale, reconstruire le processus démocratique en y associant tous les citoyens dans leur diversité. 

 

C'est, se fondant sur certaines valeurs et principes énoncés dans la charte fondatrice de ND, faire en sorte que les hommes politiques une fois élus ne se sentent plus tout puissants et intouchables et que les citoyens gardent un pouvoir de décision et de contrôle. 

Les mouvements citoyens qui se multiplient démontrent ce besoin que n'a pu satisfaire le concept de démocratie participative développé par les partis existants. Refonder la politique ne suppose pas seulement de permettre aux citoyens de donner leur avis, mais de leur transférer une part du pouvoir d'innovation, de décision et de contrôle des élus. 

 

C'est pour ND, dans le cadre de ces principes, formuler des propositions et proposer des actions en les fondant sur les attentes de la société et des citoyens. 

 

D'où la nécessité d'inventer des modalités nouvelles de fonctionnement démocratique en adéquation avec notre société "internet" qui n'est plus celle du siècle dernier.

 

Cela conduit, d'une certaine manière à l'impossibilité de présenter un programme détaillé ainsi qu'il était habituel de le faire, les contextes, les besoins, les perceptions étant différents sur les différents territoires d'une région aussi diverse et variée qu'est la région PACA. 

C'est donc au delà de grandes lignes programmatiques telles que favoriser l'accès à la culture, à l'emploi, au logement, au transport par exemple, qu'il conviendra de construire avec les citoyens concernés des réponses adaptées aux territoires et aux populations. 

Pour cela, la mise en place de collèges citoyens, dont le pouvoir pourra être dans certains cas décisionnaires, sera nécessaire. Ces collèges pourront être thématiques au niveau régional mais aussi à vocation plus large au niveau local. 

Des règles de fonctionnement strictes devront être élaborées, comme celles concernant les élus, pour faire en sorte qu'il ne puisse y avoir de prise de pouvoir et de cumul de fonction par certains. 

Les citoyens seraient désignés par tirage au sort de volontaires qui souhaiteront participer à cette refondation politique. 

 

Le travail est immense, et il faudra lutter contre le poids des habitudes, des intérêts divers, des ambitions personnelles pour faire prévaloir en toute circonstance l'intérêt général et collectif. Ce n'est qu'à ce prix que nous serons crédibles en affirmant que l'on peut faire de la politique autrement, lui redonner du sens et son honneur.